MYTHE OU RÉALITÉ : LA CHOUETTE EST LA FEMELLE DU HIBOU

MYTHE

Il est généralement admis que la chouette soit la femelle du hibou. Pourtant il n’en est rien. Au Québec, la plupart de nos « hiboux » sont des chouettes. La différence se situe au niveau des aigrettes, ces espèces de petites oreilles dressées sur la tête de certains de ces oiseaux. Si le « hibou » porte des aigrettes, il s’agit bel et bien d’un hibou et s’il n’en porte pas, il s’agit plutôt d’une chouette.

Malgré l’image qu’elles inspirent, les aigrettes des hiboux ne sont pas des oreilles. Il s’agit plutôt de touffes de plumes servant d’outil de communication. Des aigrettes rabattues envoient un tout autre message que des aigrettes dressées.

LA VIE ÉTERNELLE DES VERS DE TERRES

14 juillet 2011 1 commentaire

Un vieux mythe dit qu’il faut couper le «Cœur» du ver de terre (Lumbricus terrestris) pour cesser les processus de régénération des parties séparées. C’est faux. S’il revit sans arrêts lorsqu’on le brise en deux, c’est parce que le ver de terre est constitué d’une multitude de segments autonomes, d’où son aspect annelé (Campbell, 2007). Chacun des organes vitaux sont présents dans chacun des segments de sorte à ce que chaque partie séparée puisse non seulement survivre, mais se régénérer. C’est un peu comme si le lombric était une locomotive et que chaque wagon était équipé de toute la mécanique nécessaire pour fonctionner isolément, en cas de besoin.

En réalité, ce que plusieurs personnes appellent le cœur est plutôt un organe reproducteur, le «clitellum». Puisque le lombric est hermaphrodite (à la fois mâle et femelle), les ovaires et les testicules se répètent dans chaque segment et peuvent produire des œufs (ovules) et des spermatozoïdes sur toute la longueur de l’animal. Le clitellum agit alors comme un cocon qui roule doucement le long du corps pour les récolter. C’est à l’intérieur de ce cocon, qui se détachera du corps pour s’enfoncer dans la terre, que se développeront les embryons (Campbell, 2007).

Ce processus de régénération ne semble toutefois pas éternel. Selon certains auteurs, la survie du ver dépend quand même de l’endroit où il a été sectionné, les parties antérieures et les parties les plus longues étant les plus susceptibles de survivre (Baril, 2002). Bien que d’autres auteurs prétendent que la régénération des parties arrachées (la tête ou la queue) aura lieu peu importe l’endroit où survient la coupe, il est vrai que les deux premiers segments du ver contiennent des organes uniques qui ne se répètent pas : une paire de ganglions cérébraux et cinq paires de vaisseaux latéraux pompant le sang dans tout l’organisme (Campbell, 2007).

Quoiqu’en dise la littérature, il est donné à tous la possibilité d’observer les deux parties grouillantes d’un ver fraîchement sectionné. Reste à savoir laquelle des deux parties survivra le plus longtemps.

Bibliographie

Campbell, Neil A. et Jane, B. Reece. 2007. Biologie, 3e édition. ERPI, éditions du renouveau pédagogique inc.. Québec. 1334p.

Médiagraphie

Baril, Daniel. Forum Université de Montréal. 2002. (Page consultée le 14 juillet 2011). Pourra-t-on un jour faire repousser un membre amputé. (En ligne). http://www.iforum.umontreal.ca/Forum/ArchivesForum/2001-2002/020521/article1138.htm

LA SEXUALITÉ DÉBRIDÉE DES PUNAISES DE LIT

10 juillet 2011 2 commentaires

Les punaises de lit (Cimex lectularius) sont surtout connues pour la terreur qu’elles évoquent aux propriétaires de matelas infestés. La sexualité des punaises de lit, pourtant, demeure un sujet méconnu même s’il s’agit probablement du mode de reproduction le plus débridé du règne animal.

Tout commence par l’appareillage du mâle : un véritable pénis perforateur, en forme de «corne pointue», presqu’en constante érection (Werber, 2000). C’est avec cette arme qu’il cherche à copuler toute la journée. Puisque sa vision est défaillante, il ne prend pas la peine de s’attarder à bien viser. Il fonce tout droit et enfonce son pénis à travers le corps de tout organisme qui se trouve sur son passage : acariens, fourmis, punaises mâles (La toile des insectes du Québec). Si par chance il a «perforé» une femelle de son espèce, les chances sont faibles pour qu’il ait atterrit directement dans le pore génital. Il a probablement perforé la tête, le dos, ou l’abdomen de la femelle, laissant une grosse cicatrice en forme de «cible» autour de la blessure (Saucier, 2009).

La nature sachant s’adapter, les larves ont fini par naître avec des cibles déjà dessinées sur leur corps, reliées directement aux ovaires. Ces vagins secondaires attirent le regard du mâle mais ne préviennent pas tous les assauts. C’est pourquoi chez cette espèce, il est possible pour les spermatozoïdes de voyager à travers le système sanguin pour se rendre jusqu’au système reproducteur femelle (Werber, 2000). Il faut comprendre que chez tous les autres organismes vivants, il est impossible de mélanger du sang au sperme sans que les spermatozoïdes ne soient automatiquement attaqués par les anticorps présents dans le sang (Werber, 2000). En ce qui concerne la punaise de lit, c’est tout à fait possible, car le sperme est si volumineux qu’il garantie la survie de quelques gamètes. En équivalent humain, c’est trente litres de sperme qui est délivré à chaque éjaculation… et des centaines de fois par jour!

S’il éjacule une si grande quantité de sperme, c’est en partie attribuable aux nombreux rapports homosexuels entre les punaises de lit. En effet, 50% des organismes perforés sont des mâles (Werber, 2009). Les spermatozoïdes agissent alors comme dans le corps de la femelle en circulant à travers le système sanguin, se heurtent aux canaux déférents plutôt qu’aux ovaires, y pénètrent, et se mélangent au propre sperme du mâle perforé, augmentant sa «fertilité» (Werber, 2009). C’est une stratégie qui permet à la femelle d’être fécondée aussi bien par le crâne que par le vagin.

Cette stratégie reproductive, assez efficace pour infester rapidement un matelas de lit, est nommée «insémination traumatique»… Avouons qu’elle porte bien son nom!

 Bibliographie 

Saucier, Brigitte. 2009. Insectes et arthropodes terrestres. Cégep de Saint-Laurent. Département de biologie. Montréal. 288p.

Werber, Bernard. 2000. L’encyclopédie du savoir relatif et absolu. Éditions Albin Michel. 270p.

Médiagraphie

La toile des insectes du Québec, insectarium de Montréal. 2008. (Page consultée le 8 juillet 2011). Coccinelle asiatique. (En ligne). http://www2.ville.montreal.qc.ca/insectarium/toile/nouveau/menu.php?s=info&=fich

UN PARFUM FAIT DE CROTTES DE CACHALOTS

Autrefois, en se promenant sur des belles plages côtières, il arrivait d’apercevoir un amas de résine grisâtre dégageant une odeur agréable de tabac. Les batteurs de grève qui trouvaient cet amas, nommé «ambre gris» (Ambra grisea), le récoltaient dans l’espoir de faire fortune. À l’époque, cette substance était devenue le fixateur le plus fin utilisé en parfumerie, «magnifiant la senteur naturelle de tous les parfums (Cousteau, 1975)». Son utilisation était devenue si populaire au 15e siècle que l’on payait en Europe son poids en or pour se le procurer. On ignorait toutefois que l’ambre gris était une résine fossile provenant directement de l’intestin des cachalots macrocéphales (Physeter macrocephalus) (Dufault, 2011). En d’autres mots, c’était de la crotte de baleine.

Se nourrissant de près d’une tonne de calmars par jour, les cachalots s’exposent à certains problèmes de digestion (Richard et Prescott, 2005). Les becs de calmars, durs à digérer, peuvent en effet irriter le système digestif de la baleine au passage, stimulant la sécrétion d’une substance lubrifiante par l’intestin (Dufault, 2011). Cette substance, analogue à la cholestérine des calculs biliaires humains, est mélangée aux crottes et est éjectée de la même manière (Barbier, 1837). Elle dérive alors en concrétions sur l’océan et s’échoue sur les plages où elle est récoltée.

C’est avec la popularité  de la chasse à la baleine que les pêcheurs ont découvert par hasard d’immenses quantités d’ambre gris dans l’intestin des cachalots tués. Cette découverte n’a pas semblé freiner leur intérêt pour la matière parfumée. Elle a plutôt initiée une chasse barbare de l’animal au profit de l’industrie de la parfumerie. «Un seul bloc de cette sécrétion intestinale et c’était la fortune pour tous», disaient-les pêcheurs en flairant les entrailles perforées de l’animal dans l’espoir de détecter l’odeur de l’ambre gris (Cousteau, 1973).

Depuis 1972, au Canada, la chasse aux cachalots a été interdite à des fins commerciales, soulageant les populations qui subissaient d’énormes pressions (Richard et Prescott, 2005). Le parfum d’ambre gris n’a toutefois pas succombé à cette nouvelle réglementation puisque l’industrie est arrivée à reproduire synthétiquement sa fragrance. Ainsi, encore aujourd’hui, on retrouve sur le marché des parfums inspirés par la crotte de cachalot.

Bibliographie

Barbier, Jean-Baptiste-Grégoire. 1837. Traité élémentaire de matière médicale, cinquième édition. Établissement encyclographique. Bruxelles. 556p.

 Cousteau, Jacques-Yves. 1973. Encyclopédie Cousteau. Mammifères et oiseaux de mer. Robert Laffont, Le monde des océans. Paris. 144p. 

Cousteau, Jacques-Yves. 1975. Encyclopédie Cousteau. Les trésors de l’océan. Robert Laffont, Le monde des océans. Paris. 144p.

 Dufault, Dominique. 2011. Taxonomie des vertébrés 145-402, mammifères. Cégep de Saint-Laurent. Techniques de Bioécologie. 60p.

 Prescott, Jacques et Pierre Richard. 2005. Découvrir les baleines et autres mammifères marins du Québec et de l’est du Canada. Éditions Michel Quintin. Waterloo. 303p.

DES SCORPIONS AU QUÉBEC

Les scorpions sont surtout connus pour la terreur qu’ils inspirent au Mexique et en Afrique du Nord. Mais saviez-vous qu’il existe au Québec des «scorpions» de la taille d’une tête d’épingle? Leur petite taille les rendant presque invisibles à l’œil nu et leur caractère inoffensif pour l’homme expliquent surement ce qui les rend si méconnus par la population. Pourtant, les deux espèces présentes dans la province cohabitent souvent avec l’humain durant la saison hivernale. Ils apprécient effectivement se prélasser dans l’environnement humide des salles de bain ou se blottir entre deux pages d’un livre, ce qui leur rappelle surement le dessous de l’écorce des arbres qu’ils fréquentent durant l’été (Saucier, 2009).

Ces arachnides font partie de l’ordre des pseudoscorpionidas. On les appelle ainsi parce qu’ils présentent quelques différences anatomiques avec l’ordre des scorpions véritables. La différence la plus évidente est l’absence d’une queue (post-abdomen) longue et pointue chez les pseudoscorpions. Si les véritables scorpions entreposent leur poison mortel dans la pointe de leur queue terminée en aiguillon, les pseudoscorpions l’entreposent plutôt au bout de leurs grosses pattes avant terminées en pinces (pédipalpes) (Saucier, 2009). C’est un poison qui les aide à capturer des petites proies comme des mites et des pucerons. Un humain, du haut de ses 143 livres moyennes, n’a donc rien à craindre de son poison même s’il cohabite plus souvent qu’il ne le croit avec lui.

On confond souvent cet arthropode avec une araignée, puisqu’il a la capacité, lui aussi, de fabriquer de la soie pour tapisser son terrier (Saucier, 2009). Cette caractéristique le place d’ailleurs à mi-chemin entre l’ordre des scorpions et celui des araignées. Quoiqu’il en soit, il est conseillé pour ces deux invertébrés, de les conserver en vie s’ils élisent domicile à la maison puisqu’ils peuvent manger des insectes beaucoup plus nuisibles qu’eux (Saucier, 2009).

La prochaine fois que vous verrez une araignée de la taille d’une tête d’épingle, regardez de plus près… Ce pourrait être un pseudoscorpion!

Bibliographie

 Saucier, Brigitte. 2009. Insectes et arthropodes terrestres. Cégep de Saint-Laurent. Département de biologie. Montréal. 288p.

MYTHE OU RÉALITÉ : LES PICOTS DE LA COCCINELLE INDIQUENT SON ÂGE

MYTHE

Les points noirs de la coccinelle donnent des indications plus précieuses sur l’espèce à laquelle l’insecte appartient que sur son âge. Dès qu’elle passe du stade larvaire au stade adulte, la coccinelle est dotée d’un certain patron de coloration sur ses ailes et le nombre, la disposition  et la forme des points reste la même tout au long de sa vie  (La toile des insectes du Québec). S’il adonne que le nombre de points corresponde à l’âge de l’animal, il s’agit d’un hasard qui ne durera qu’une seule année.

 Médiagraphie

 La toile des insectes du Québec, insectarium de Montréal. 2008. (Page consultée le 2 avril 2011). Coccinelle asiatique. (En ligne). http://www2.ville.montreal.qc.ca/insectarium/toile/nouveau/menu.php?s=info&p=preview.php%3Fsection%3Dfiches%26page%3D4

MYTHE OU RÉALITÉ : LES CRAPAUDS DONNENT DES VERRUES QUAND ON LES TOUCHE

MYTHE

Les verrues des crapauds sont en vérité des glandes à venin. Il n’y a donc aucun risque d’attraper des verrues en les manipulant. Toutefois, ces pustules n’en sont pas moins toxiques. Elles peuvent causer la mort d’un petit mammifère lorsqu’elles sont mordues ou causer de graves désagréments aux plus grosses bêtes (Desroches et Rodrigue, 2004). C’est pour se prémunir contre ces désagréments qu’il est recommandé de se laver les mains après la manipulation d’un crapaud, et non pour s’éviter l’apparition de verrues.

 Bibliographie

 Desroches, Jean-Francois  et David Rodrigue.2004. Programme de crédit d’impôt Amphibiens et reptiles du Québec et des maritimes.  Quintin. Waterloo. 288p.

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